Par Arlène Gaudreault, présidente, Association québécoise Plaidoyer-Victimes

Au cours des derniers jours, de nombreuses victimes ont nommé les violences à caractère sexuel qu’elles ont subies. Elles ont témoigné de la honte, de l’impuissance et de la colère qu’elles avaient ressenties. La parole des victimes a porté fruit. Leur courage a été salué sur de nombreuses tribunes. Le milieu culturel québécois a été secoué, mais c’est aussi tout le Québec qui a subi l’onde de choc. 

Le battage médiatique autour des dossiers qui ont fait la une des médias a généré un afflux de demandes auprès du réseau des services d’aide aux victimes. En réponse, le gouvernement a débloqué des fonds pour soutenir leur travail afin qu’ils puissent accueillir les personnes, femmes et hommes, qui portent le fardeau de souffrances dont elles n’ont jamais parlé et qui ont été ravivées par ce qui s’est passé cette semaine. 

Dans les circonstances, la diligence du gouvernement est bien accueillie. Allouer des fonds dans l’urgence d’une crise n’en reste pas moins un geste dont la portée est très limitée, car il ne sous-tend aucun engagement à long terme. On éteint les feux et on attend que le calme revienne. Peu importe la couleur du parti au pouvoir, certains problèmes de fond ne sont pas réglés, même si on en parle depuis des années. 

Que des victimes particulièrement vulnérables doivent patienter pendant des mois sur des listes d’attente des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) pour obtenir de l’aide ou qu’elles doivent se battre pour être reconnues par notre régime d’indemnisation est inacceptable. Qu’elles se tournent vers d’autres lieux que les tribunaux pour être entendues ou faire valoir leurs droits, c’est un constat qui devrait nous interpeller. Que tant de victimes de violences sexuelles ou d’autres crimes sortent amèrement déçues de leur expérience avec le système de justice  devrait nous forcer à agir. 

Les réponses à la pièce et les solutions improvisées dans l’urgence ne feront pas avancer les choses. Notre solidarité à l’endroit des victimes doit dépasser le seul espace du temps médiatique. Elle doit aussi s’inscrire dans la volonté politique de s’attaquer de façon durable aux vrais problèmes et de ne pas se défiler.

 

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